Les activités sociales des électriciens et gaziers sont issues de la nationalisation des entreprises électriques et gazières de notre pays en application du programme du Conseil National de la Résistance (CNR).

L’énergie, source de progrès, et notamment le gaz et l’électricité, a de tout temps recouvert des domaines à très forte rentabilité immédiate engendrant des convoitises de première heure. La production, le transport et la distribution de l’électricité et du gaz ont été nationalisés le 8 avril 1946.

L’objectif du législateur à l’époque a été de lier plusieurs problématiques inexistantes dans les anciennes sociétés privées :
- rassembler les ressources et productions énergétiques sous une même entité nationale.
- Reconstruire des appareils de production, de transport et de distribution de manière cohérente et complémentaire.
- Mettre les usagers à égalité de traitement devant le service rendu au public et devant la tarification des énergies, quelle que soit le point de livraison sur le sol national.

Afin de parfaire ce projet ambitieux, le législateur avec les partenaires sociaux de l’époque et la mobilisation des travailleurs, a souhaité mettre en place un volet social indissociable du contrat de travail. Il a donc positionné le personnel et leur famille dans les meilleures conditions physiques, morales et de santé face à l’activité professionnelle et l’accomplissement de leur mission de service public en les dotant d’un statut national d’avant-garde, des activités sociales et mutualistes de qualité.

On comprend bien là que les rapports à l’argent au travers d’une privatisation déséquilibreraient, en le rendant inopérant, le système mis en place basé sur un service public performant au service du public.

La transformation juridique des entreprises EDF et GDF en S.A. en août 2004, les prises de participation et l’entrée en bourse confirment la volonté de sortir nos établissements du giron du service public pour les transformer en pourvoyeurs de fond vers des actionnaires avides de résultats financiers.

Les abonnés sont devenus des clients, les entreprises de complémentaires sont devenues concurrentes avec pour conséquences des baisses des effectifs et une augmentation de la tarification et des services.

Ces dispositions laissent augurer les lendemains difficiles pour le volet social du contrat de travail des électriciens et gaziers (du 22 juin 1946) et de leurs institutions sociales (1947).

Le nouveau régime des retraites et le financement de la protection sociale nous incitent à être très vigilants sur le devenir de nos activités sociales. L’ouverture des tiers au réseau sous prétexte de libre concurrence va avoir une conséquence néfaste sur le fond du 1%, salaire différé voué aux activités sociales.

Il faut agir pour maintenir un service public de qualité. Le gaz, l’électricité font aujourd’hui partie des produits de première nécessité et à ce titre, ils doivent être accessibles à toute la population.

Il est plus que jamais urgent et vital d’œuvrer pour la sauvegarde des deux entreprises dans l’esprit du législateur de 1946. Pourquoi cet objectif ne serait-il pas possible dans un pays où il n’y a jamais eu autant d’argent, alors que cela a été possible au lendemain de la guerre dans un pays dévasté ?

Notre engagement dans et au-delà de notre entreprise doit nous permettre de peser efficacement pour conserver et améliorer le service public dont notre pays a besoin.